Un peu à la manière de
Philippe Clerc prenant ses «vues du train», les élèves du Gymnasium
Othmarschen (Hambourg), armés
d´appareils jetables, ont photographié leur ville depuis les transports en commun: une navette fluviale sur l´Elbe
et le métro. Des documents ainsi
réunis, ils ont tiré soit des documentaires, soit des fictions, souvent un
mélange des deux.
Petite explication sur l´aspect souvent diabolique de ces récits
L´embarquement a eu lieu au Teufelsbrück
(« embarcadère du Diable »), sur
lequel veille une statue du Diable connue de tous les Hambourgeois.
L´idée, proposée par
Annie Goetzinger, de travailler à partir d´un reportage photographique, s´est
rapidement imposée. Elle prolongeait l´exposition de Philippe Clerc et la
confirmait dans son rôle de catalyseur du projet.
Elle avait un aspect
contraignant positif: deux élèves pour un appareil photo jetable (non
numérique), 24 prises de vue, il fallait choisir, sélectionner, tâche non
évidente pour des enfants dont le quotidien est gavé d´images.
Elle nous semblait proche
des préoccupations de préadolescents certainement plus avides de concret que de
pure rêverie esthétique.
Elle permettait à tous,
virtuoses ou piètres dessinateurs, d´éviter le blocage du «
je-ne-sais-pas-dessiner » – fréquent à cet âge –, de produire une iconographie
gratifiante, qu´ils pouvaient ensuite exploiter à loisir, au gré de leur
inspiration, par découpage, collage,
triturage informatique des formes et des couleurs.